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Commémoration de la Victoire du 8 mai 1945

Allocution de M. Fabien THIEME

Maire de Marly

Vice-président de Valenciennes Métropole

« Messieurs les représentants des associations d’anciens combattants de Marly,

Messieurs les porte-drapeaux,

Mesdames, Messieurs les représentants des corps constitués,

Mesdames, Messieurs les musiciens, sous la direction de M. Thierry HUVELLE,

Chers enfants, présents à nos côtés ce jour,

Mesdames, Messieurs les membres du Conseil Municipal,

Mesdames, Messieurs,

Nous commémorons aujourd’hui le 72e anniversaire de la victoire des Alliés sur l’Allemagne nazie et la fin de la Seconde Guerre mondiale en Europe, conflit qui, rappelons-le, fit plus de 36 millions de morts en Europe.

Cette cérémonie, débutée par un dépôt de gerbe à la stèle du Maréchal De Lattre de Tassigny, s’est poursuivie par un défilé de la place Gabriel Péri à la plaque commémorative de la rue du 8-Mai puis au monument aux Morts.

Je précise à dessein ce parcours, car il me permet d’évoquer quelques grands noms de l’histoire de notre pays et de rappeler aux jeunes générations ici présentes qui furent Jean De Lattre de Tassigny et Gabriel Péri.

Général d’armée et maréchal de France, Jean De Lattre de Tassigny s’illustra d’abord lors de la Première Guerre mondiale : blessé cinq fois, il termina la guerre avec huit citations, la Légion d’honneur et la « Military Cross ».

Au début de la Seconde Guerre mondiale, en mai-juin 1940, il est alors le plus jeune général de France. Pendant le régime de Vichy, il reste dans l’Armée d’armistice. Le 11 novembre 1942, il est arrêté et condamné à dix ans de prison pour avoir refusé l’ordre de ne pas combattre et avoir commandé à ses troupes de s’opposer aux Allemands.

Fin 1943, il s’évade et rallie la France libre et le général De Gaulle. Il est l’un des grands chefs de l’Armée de Libération en 1943-1945, s’illustrant à la tête de l’armée qui, après le débarquement allié du 15 août 1944, mène la campagne victorieuse dite « Rhin et Danube », contre le Troisième Reich.

Il est à ce titre le seul général français de la Seconde Guerre mondiale à avoir commandé de grandes unités américaines. Il fut en outre le représentant français à la signature de la capitulation allemande à Berlin, le 8 mai 1945, aux côtés d’Eisenhower, Joukov et Montgomery.

Journaliste et homme politique français, Gabriel Péri quant à lui fut membre du Comité central du Parti communiste français, responsable du service politique étrangère de « L’Humanité » et député de Seine-et-Oise. Arrêté comme résistant par la police française en 1941, il fut exécuté par les Allemands à la forteresse du Mont-Valérien.

L’un et l’autre illustrent la résistance civile et militaire qui s’organisa pendant la Seconde Guerre mondiale.

Aujourd’hui plus que jamais, il est important d’évoquer leur mémoire et, à travers eux, le souvenir de ces hommes et ces femmes qui s’opposèrent à l’occupation nazie.

Car la cérémonie qui nous réunit aujourd’hui se déroule dans un contexte particulier : celui de l’élection du nouveau président de la République française.

Nul besoin de rappeler le contexte de l’entre-deux tours et l’appel à l’union républicaine au nom du « plus jamais ça ».

Au-delà du résultat de cette élection présidentielle, nous ne devons pas perdre de vue que, d’une certaine manière, l’extrême-droite a gagné.
En arrivant au second tour d’une élection présidentielle avec un score jamais atteint ; en comptabilisant près de deux millions de voix de plus qu’en 2002, ce parti qui incarne pourtant la haine, la peur et le rejet de l’autre s’est fait une place aux côtés des partis « modérés », qu’ils soient de gauche ou de droite.

Un tel résultat doit nous questionner, aujourd’hui, sur notre capacité à tirer les enseignements du passé et surtout de l’Histoire avec un grand « H ».

A ce titre, nous devons désormais veiller tous ensemble à la construction d’une République plus juste, où les valeurs sociales, le droit du travail, les services publics ne seront pas bafoués, sacrifiés sur l’autel du libéralisme ; où la jeunesse se reconnaîtra et s’épanouira.

Sans quoi, les idées délétères portées par le Front National continueront d’essaimer, trouvant un écho toujours plus fort auprès d’une population en souffrance, en attente de meilleures conditions de vie, de davantage de sécurité et d’une plus grande reconnaissance des valeurs de notre République.

Châteaubriand a écrit : « Les vivants ne peuvent plus rien apprendre aux morts, mais les morts au contraire instruisent les vivants ».

N’oublions pas celles et ceux tombés pour que nous vivions aujourd’hui dans un pays libre. N’offensons pas leur mémoire en confondant patriotisme et nationalisme.

Restons fidèles aux valeurs humanistes qui, elles seules, peuvent nous permettre de construire ensemble un avenir meilleur.

J’en terminerai avec ces vers de Louis ARAGON, extraits de La Rose et le Réséda

Quand les blés sont sous la grêle,

Fou qui fait le délicat,

Fou qui songe à ses querelles

Au cœur du commun combat. »


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