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Avant le quartier Marly-Rhônelle, il y avait le quartier… du Congo et l’usine ferroviaire des ANF

Article de la Voix du Nord du 8 novembre 2017

Pour ses 70 ans, l’Amicale laïque pose des mots et des images sur l’histoire du Congo, actuel quartier Marly-Rhonelle : une expo à la maison des associations prévoit une conférence-débat, avec la participation de Bernard Spilski, ancien dessinateur industriel sur le site.

C’est la création, sur la ligne de chemin de fer Valenciennes-Maubeuge, de la station de Marly, ainsi que l’extension de l’usine de la Compagnie internationale des wagons-lits et des express européens, qui est à l’origine du quartier du Congo. Rien à voir avec d’éventuels ouvriers congolais ou de vagues souvenirs colonialistes, le nom relève de la tradition orale locale, en référence à une commande importante passée par le Congo qui avait fortement contribué au développement de l’usine.

Nés de l’essor industriel, commerces et débits de boissons fleurissent

Avec le développement industriel, la population augmente, les petits commerces apparaissent et les débits de boissons fleurissent : on en compte 14. « Au grand Lillo » est le point de ralliement pendant la guerre des ouvriers venant de Lille. À chaque prise et fin de poste les verres de « pistouille » s’alignent sur le comptoir des bistrots Darras et Lagneau.

Vingt ans après, une cité métamorphosée

Les jours de repos, les hommes s’y retrouvent pour jouer aux cartes, aux javelots (grandes fléchettes), à la boule de bois. Le café Brebion, siège des colombophiles, est aussi négociant de charbon. Pas de supermarché, on fait ses commissions au café-épicerie « chez Zélia ». Entre l’activité ferroviaire, les briquetteries, fonderies, brasserie, la vie s’organise. Populaire et populeux, le quartier du Congo repose sur le microcosme familial. « Chez Paul », un autre café, on se réunit pour regarder le Tour de France ou l’émission « 36 chandelles » sur le premier téléviseur du quartier. Avant déjà, on se retrouvait chez l’un ou l’autre autour de la TSF (la radio) pour écouter la « famille Duraton », « Signé Furax », ou le radio crochet de Zappy Max. Le soir, les habitants s’installent sur leur pas-de-porte pour de longues causettes, les femmes tricotent, les enfants jouent.

La ducasse et le carnaval sont jours de liesse dans le quartier. Le géant « Congolais » créé par les habitants défile aux côtés de Loute et Laite (géants du Rleur) et les joyeux Gilles de Binche.

Mais en 1993, ce qui fut un haut lieu du ferroviaire français est en liquidation judiciaire. C’est la mort annoncée du quartier. En 1997, le site est rasé. 20 ans plus tard, l’endroit est métamorphosé : un EHPAD, maison d’accueil pour personnes âgées, et 620 logements, forment le quartier Marly-Rhônelle. SL (CLP)

Maison des associations, rue Barbara, exposition du 10 au 17 novembre de 14h à 18h. Vernissage le 10 à 18h et conférence-débat le vendredi 17 à 18h avec André Peulmeule, historien local.

 [1]

Portfolio

Notes

[1Les dates clef d’un quartier qui revit
1882 : La sociéte anonyme des ateliers de constructions, usine de construction de wagons, s’installe. Elle deviendra successivement la Compagnie internationale des wagons-lits et des grands express européens, la compagnie générale de construction CGC, en 1957, la compagnie française de matériel de chemin de fer et générale de construction, puis Frangeco

En 1970, l’usine de Marly s’associe aux Ateliers de construction du nord de la France ANF, usine de Crespin. Le groupe pèse 825 ouvriers, 110 cadres, techniciens et employés, sur 100 000 m2 de superficie, dans le top 5 des principaux constructeurs européens.

En 1989, l’usine devenue ANF industries affronte une réduction d’activité. Marly quitte les ANF et devient Marly-industries.

199 : depôt de bilan de l’usine. La vente aux enchères du matériel suit la liquidation judiciaire

1996 : la ville rachète le site, rasé en 2000. Émerge le projet de métamorphose en quartier résidentiel, avec l’implantation de la maison des associations dans les ex-bureaux des ateliers, unique bâtiment rescapé de la démolition

2012 : ouverture de l’Ehpad Vaillant Couturier (88 lits)

2010-2017 : construction de 620 logements collectifs et pavillonnaires : 268 en location, 213 en promotion privée, 64 en accession à prix maitrisé et 75 en lots libres. En projet, : aménagement des abords de la Rhônelle et reclassification de l’ancienne voie ferrée en voie de circulation routière à partir de 2018.


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