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M. le Maire a remis les insignes de Chevalier de la Légion d’honneur à M. Pierre CHARRET

Vendredi 7 septembre dernier, M. le Maire, Fabien THIEME, a eu l’honneur et le plaisir de remettre les insignes de Chevalier dans l’ordre de la Légion d’honneur à M. Pierre CHARRET, ancien résistant et homme de combats.

(Photos Liberté Hebdo - Marc DUBOIS)

Remise des insignes de Chevalier dans l’ordre de la Légion d’Honneur à M. Pierre CHARRET

Vendredi 7 septembre 2018 à 18h – Salle Maurice Schumann, Fort de Bondues

Discours de M. Fabien THIEME
Maire de Marly
Vice-président de Valenciennes Métropole
Chevalier dans l’ordre de la Légion d’Honneur

Madame la Sénatrice, chère Michelle,
Monsieur le Sénateur, cher Eric,
Monsieur le Député, cher Fabien,
Monsieur le Maire de BONDUES,
Mesdames, Messieurs les élus,
Mesdames, Messieurs,
Mon cher Pierre,

C’est un plaisir et un honneur d’être parmi vous ce soir à l’occasion de la remise à mon ami Pierre CHARRET des insignes de Chevalier dans l’ordre national de la Légion d’Honneur.
Ce titre - la plus haute distinction honorifique française - vient récompenser une vie d’engagement civil et militaire ; une vie notamment dédiée à l’enseignement et la formation des jeunes générations, à l’action dans les combats et au devoir de mémoire.

Pierre est né le 4 décembre 1925 à ARNAC-LA-POSTE en Haute-Vienne, d’Adrien CHARRET et Germaine PEYRAT.
Son papa, ancien combattant de la Guerre 14/18, est revenu malade de la Guerre. Blessé et gazé pendant les conflits, il a développé la tuberculose.
Rendu à la vie civile, il est successivement chauffeur de bus à PARIS, maçon dans la Creuse, où il a déménagé pour raisons de santé, puis cantonnier dans l’Indre.

Pierre est l’aîné d’une fratrie de trois fils, avec Roger – né en 1927 et tragiquement décédé en 1936 du tétanos – et Guy, né en 1931.

Quand le papa décède en 1938, d’une crise d’hémoptysie, la maman de Pierre, couturière à domicile, revient dans la Creuse où elle est embauchée comme lingère-infirmière à l’Ecole Primaire Supérieure de Garçons de La Souterraine.
Avec courage, elle élève seule ses deux fils désormais âgés de 13 et 7 ans.

En 1942, à l’âge de 17 ans, Pierre est reçu au Concours de l’Ecole Normale. Les Ecoles Normales ayant été fermées par le Gouvernement de Vichy, Pierre est inscrit comme élève boursier interne au lycée de Guéret pour trois années.

Début 1943, alors que le premier Maquis vient d’être créé près de la commune de LA SOUTERRAINE, Pierre et trois de ses camarades créent un groupe de Francs-Tireurs et Partisans (FTP) au sein de leur lycée.
Pierre suit ainsi le chemin de ses oncles maternels, Arthur, Maurice, Henri, Jules, André et Marcel, tous militants communistes et engagés dans les combats ou l’action résistante lors des différents conflits : 1re et 2nde Guerres mondiales, Guerre d’Espagne…

Quant à sa maman, Pierre apprendra bien plus tard qu’elle a durant la guerre contribué à sauver bon nombre d’enfants juifs scolarisés sous de faux noms au lycée où elle exerçait.

Au lendemain du bac, en juin 1944, Pierre est contacté par le responsable des Francs-Tireurs et Partisans pour le rejoindre dans le Maquis du MOUHET dans l’Indre.
Jusqu’à la Libération de la région, le 10 septembre 1944, il participe ainsi à des actions contre les Allemands : embuscades, prise d’un train de matériel, réception des colis parachutés, etc.
Comme de nombreux membres des Forces Françaises de l’Intérieur (FFI), Pierre signe un engagement volontaire pour la durée de la guerre. Une formation militaire lui permet d’accéder au grade de sous-lieutenant.
En mai 1945, il est expédié à Alger. En août de la même année, il revient comme étudiant en permission libérale jusqu’à sa démobilisation en octobre 1945.

Après avoir passé et obtenu sa deuxième partie de bac à CLERMONT, Pierre rejoint pour la quatrième année sa promotion à l’Ecole Normale de MOULINS.
Au terme de ses études, il est nommé instituteur à FAUX-LA-MONTAGNE, dans la Creuse, à la rentrée 1946.

En janvier 1945, Pierre CHARRET rencontre Lucienne DUPRIEZ, qu’il épouse le 24 décembre 1946 à WASQUEHAL, où elle habite.
Après avoir exercé à FAUX-LA-MONTAGNE jusqu’en 1948, Pierre obtient sa mutation à SAINT-LEGER-BRIDEREIX, près de LA SOUTERRAINE.
Lucienne est alors assistante sociale à la Caisse d’Allocations Familiales de la Creuse.

A la naissance de leur fille, en 1950, le couple quitte la Creuse pour le Nord : à BOURBOURG puis ROUBAIX. A la rentrée 1951, Pierre est nommé à WASQUEHAL où il exercera jusqu’en 1962.
A cette date, il reprend des études universitaires préparant à l’enseignement pour l’enfance inadapté.
De 1963 à sa retraite, en 1980, Pierre travaille à l’Ecole de Plein Air de Roubaix.

Lucienne, devenue entre-temps infirmière puis surveillante-infirmière exercera également jusqu’en 1980. Présidente départementale de la Mutuelle des Hospitaliers, adjointe au Maire de WASQUEHAL de 1977 à 1983, Lucienne a elle aussi mené une vie d’engagement.
Elle est décédée en 2017 des suites d’une longue maladie et aujourd’hui, à l’heure de remettre à son époux les insignes de Chevalier dans l’Ordre de la Légion d’Honneur, je ne peux m’empêcher d’avoir une pensée émue pour cette compagne de tant de combats.

Parmi ses activités associatives, Pierre fut :
- Membre du Syndicat National des Instituteurs,
- Elu du Conseil Syndical départemental du Nord,
- Militant laïque, organisateur entre autres pour la Ville de WASQUEHAL de la « pétition nationale pour la laïcité »
- Et délégué départemental de l’Education nationale pour l’école maternelle « Louis Aragon » de WASQUEHAL, après sa retraite.
Ce qui lui valut notamment le titre de Chevalier des Palmes académiques.

En sa qualité d’ancien résistant, Pierre participa au sein de l’ANACR (Association Nationale des Anciens Résistants et amis de La Résistance) :
- Au montage d’une exposition en 36 panneaux sur le thème des « victoires sur le nazisme » (une exposition qui circule aujourd’hui encore dans les collèges et les lycées, servant de support aux nombreux témoignages organisés depuis une vingtaine d’années auprès de milliers de jeunes de la région) ;
- Aux différentes cérémonies commémoratives destinées à entretenir le devoir de mémoire, et j’en passe.

Pierre est aussi :
- Membre Honoraire du Conseil National de l’ANACR,
- Vice- président départemental de l’ANACR,
- Président d’honneur des Amis du Musée de la Résistance de Denain,
- Membre fondateur et vice-président de l’Association pour la Mémoire des Fusillés du Fort de Bondues,
- Représentant des Résistants au Comité départemental des Anciens Combattants (ONAC 59).

Pierre est enfin dépositaire, également :
- De la médaille commémorative de la Guerre 1939-1945 (CNR)
- Du Combattant Volontaire de la Résistance
- Du Combattant 1939-1945
- Et de la médaille commémorative de la Libération.

Mon cher Pierre, nous vous comptons, ton épouse, Lucienne, à l’image de Martha DESRUMEAUX, ancienne déportée d’Auschwitz, et toi-même, comme des Résistants dignes du Chemin de l’Honneur,

Et c’est avec une profonde émotion que je te remets à présent les insignes de Chevalier dans l’ordre national de la Légion d’Honneur.

Portfolio


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